Histoire de Castres — Cathédrale Saint-Benoît

Ce qu’il en est aujourd’hui...

Le quartier autour de la cathédrale présente aujourd’hui un ensemble cohérent – cathédrale, Tour Saint-Benoît, Hôtel de Ville et jardins – mais ces bâtiments correspondent à des fonctions et des emplacements très différents de ceux du Moyen Âge.

La cathédrale actuelle (XVIIᵉ–XVIIIᵉ siècles)

L’édifice que l’on voit aujourd’hui ne reprend pas l’emplacement de l’abbaye bénédictine médiévale. Après les destructions des guerres de Religion, l’ancienne abbatiale Saint-Benoît étant ruinée, les évêques décident au XVIIᵉ siècle de reconstruire une cathédrale sur un site voisin. Ce sera la cathédrale actuelle (1624–1718).

La Tour Saint-Benoît (XIᵉ–XIIᵉ siècles)

La tour est le seul vestige important de l’ancienne abbaye bénédictine fondée au IXᵉ siècle. Elle n’a jamais fait partie de la cathédrale actuelle : c’était le clocher roman de l’abbaye médiévale, resté en place après la destruction de l’abbaye, puis intégré plus tard au palais épiscopal et aux bâtiments municipaux.

Le Palais épiscopal → Hôtel de Ville

Construits par l’évêque Michel Tubeuf dans les années 1660-1670, les bâtiments du palais épiscopal s’installent entre la nouvelle cathédrale et la Tour Saint-Benoît, créant l’organisation que nous voyons aujourd’hui. Après la suppression du diocèse en 1801, ce palais devient Hôtel de Ville. Il a conservé son plan classique d’origine.

Les jardins de l’Évêché → Jardin public

Le jardin provient des jardins privés de l’évêque, aménagés dans le prolongement du palais au XVIIᵉ siècle. Ils ont été transformés en jardin public au XIXᵉ siècle, mais ont gardé leur structure à la française.

Plan cadastral montrant la cathédrale Saint-Benoît, l’Hôtel de Ville et la tour Saint-Benoît
Plan cadastral : cathédrale, Hôtel de Ville et tour Saint-Benoît.
Façade de la cathédrale de Castres vue de face
Façade actuelle de la cathédrale de Castres.

Construction de la cathédrale (1624–1718)

La construction de l’édifice s’étend sur près d’un siècle, de 1624 à 1718.

La période préliminaire et les fondations (1624 – v. 1660)

Après la destruction de l’ancienne cathédrale en 1563, il faut attendre 1624 pour que l’évêque Jean VI de Fossé lance la construction d’une nouvelle église. Le chantier est implanté sur le site de l’ancienne commanderie des Hospitaliers, séparé de l’ancien clocher – la Tour Saint-Benoît – par une rue.

La phase majeure sous Michel Tubeuf (v. 1660 – 1682)

Sous l’épiscopat de Michel Tubeuf, le chantier reprend vigueur. Durant cette période sont élevés le chœur principal, ainsi que les chapelles latérales qui en déterminent la largeur.

Les finitions et la consécration (1688 – 1718)

Sous l’évêque Augustin de Maupeou puis son successeur, les travaux portent sur l’achèvement intérieur : installation du jubé, des stalles du chœur et de la chaire du prédicateur entre 1688 et 1692. Entre 1713 et 1717, on construit le mur occidental et l’on achève la couverture des voûtes et des chapelles. La cathédrale est finalement consacrée le 29 juin 1718, soit 94 ans après le lancement du projet.

Un diocèse entre Castres et Albi (1317–1801)

Le diocèse de Castres

Il est créé en 1317 par le pape Jean XXII, par détachement du diocèse d’Albi. L’ancienne abbatiale bénédictine Saint-Benoît devient alors cathédrale : les moines laissent place à un clergé chargé de la vie religieuse de la ville et du diocèse.

Au fil des siècles

Le clergé cathédral s’organise autour de l’évêque et d’un groupe de prêtres attachés à la cathédrale. Celle-ci reste le centre spirituel du Castrais jusqu’aux bouleversements de la Révolution française.

Le département du Tarn

En 1790, la création du département du Tarn bouleverse l’organisation administrative. Castres espère conserver son rôle religieux et administratif, mais c’est finalement Albi qui s’impose. En 1801, le diocèse de Castres est supprimé : son territoire est rattaché à Albi, qui devient l’unique siège épiscopal du département.

Et maintenant

Aujourd’hui, l’ancienne cathédrale Saint-Benoît est une grande église paroissiale. Elle conserve un riche mobilier liturgique qui rappelle son passé d’église cathédrale.

Vue arrière de la cathédrale de Castres
Arrière de la cathédrale Saint-Benoît.
Vue de la nef de la cathédrale de Castres
Vue de la nef de la cathédrale Saint-Benoît.

Lexique de l’intérieur de la cathédrale

Nef : Partie principale de l’église où se tiennent les fidèles.

Travée : Portion de la nef comprise entre deux piliers ou deux arcs. Elle rythme la progression vers le chœur.

Chapelles latérales : Chapelles ouvertes de part et d’autre de la nef.

Chœur : Espace situé à l’extrémité de la nef, réservé au clergé.

Maître-autel : Autel principal de l’église, placé au fond du chœur. C’est autour de lui que se célèbre la liturgie.

Jubé : Clôture monumentale séparant la nef du chœur, souvent surmontée d’une tribune.

Stalles : Sièges de bois alignés dans le chœur pour les chanoines et les prêtres.

Chaire : Tribune de bois ou de pierre, généralement adossée à un pilier, d’où le prédicateur prononce le sermon.

Tribune d’orgue : Galerie située au-dessus de l’entrée, portant l’orgue et sa façade.