Brassac — Eglise Saint Georges — Page 4
Après la loi de Séparation de 1905 et la décision préfectorale de 1910 ordonnant, pour des raisons de sécurité, la démolition de l’ancienne église, propriété de la commune, la communauté catholique de Brassac s’engagea dans la construction d’un nouvel édifice.
Un premier plan fut établi en 1910 par le Père Michel Galin, moine bénédictin de l’abbaye d’En Calcat. La première pierre fut posée le 24 juin 1912 par l’archiprêtre de Castres, délégué de Mgr Mignot. Le projet était porté par l’abbé Rabaud, curé de Brassac, qui en fut l’initiateur et le principal animateur.
Dans l’enthousiasme du moment, certains voyaient déjà s’élever ce qui serait « la cathédrale de la montagne ». Mais les travaux furent rapidement ralentis par des problèmes de fondation, puis interrompus par la guerre de 1914–1918.
Après l’armistice, l’abbé Rabaud tenta de relancer le chantier dans un contexte difficile. Malgré ses efforts, il ne put mener à bien l’entreprise, laissant à ses successeurs la tâche d’achever l’édifice.
Caractéristiques du projet :
- Église de style gothique à trois nefs
- Longueur : 40 m — largeur : 17 m — hauteur : 15 m
- Environ 700 places
En 1921, la construction de la nouvelle église reprend sous l’impulsion d’un jeune curé énergique, l’abbé Henri Blanc. Auparavant, il avait fallu libérer le terrain en « tournant l’église en bois », déplacée lentement sur des rondins jusqu’à l’emplacement actuel de la salle Saint-Georges.
La reprise du chantier donne lieu à un remarquable élan de solidarité. Toute la population participe : ouvriers, artisans, paysans, commerçants. Les dons affluent, parfois modestes, parfois importants, permettant de réunir une somme considérable pour l’époque.
Dans cet effort collectif, chacun contribue selon ses moyens, et certains contemporains y virent une œuvre réalisée « comme au temps des cathédrales ». Cette mobilisation permit d’achever l’église en moins de deux ans après la reprise du chantier.
Les travaux, relancés en 1921, s’achèvent en 1923. L’église est bénie solennellement le 19 juin, sous le patronage de saint Georges.
Repères chronologiques :
- 1912 : début du chantier
- 1914–1918 : interruption
- 1921 : reprise
- 1923 : bénédiction
Abbé Henri Blanc