Allais présente son héros en quelques lignes. La redingote noire devenue verte, le chapeau rouge — et déjà on l'aime.
Le pauvre bougre
Il y avait une fois un pauvre Bougre... Tout ce qu'il y avait de plus calamiteux en fait de pauvre Bougre. Sans relâche ni trêve, la guigne, une guigne affreusement verdâtre, s'était acharnée sur lui, une de ces guignes comme on n'en compte pas trois dans le siècle le plus fertile en guignes. Ce matin-là, il avait réuni les sommes éparses dans les poches de son gilet. Le tout constituait un capital de 1 franc 90. C'était la vie aujourd'hui. Mais demain ? Pauvre Bougre ! Alors, ayant passé un peu d'encre sur les blanches coutures de sa redingote, il sortit, dans la fallacieuse espérance de trouver de l'ouvrage.