Merveilleux

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Hans Christian Andersen — La Reine des Neiges, 1844
❄️ 30 secondes

Kay voulait dire sa prière. Seule la table de multiplication lui venait à l'esprit. Et la Reine des Neiges l'emportait dans la nuit blanche.

La Reine des Neiges emporte Kay
Hans Christian Andersen
La Reine des Neiges — 1844
Traduction Grégoire et Moland, 1873
~110 mots • Domaine public

Le baiser de glace


Les flocons de neige devenaient de plus en plus grands, à la fin on eût dit de véritables maisons blanches ; le grand traîneau fit un écart puis s'arrêta et la personne qui le conduisait se leva, son manteau et son bonnet n'étaient faits que de neige et elle était une dame si grande et si mince, étincelante : la Reine des Neiges.

Elle le prit près d'elle dans le grand traîneau, l'enveloppa du manteau. Il semblait à l'enfant tomber dans des gouffres de neige.

— As-tu encore froid ? demanda-t-elle en l'embrassant sur le front. Son baiser était plus glacé que la glace et lui pénétra jusqu'au cœur déjà à demi glacé.

— Tu n'auras pas d'autre baiser, dit-elle, car tu en mourrais.

Charles Perrault — La Belle au bois dormant, 1697
✨ 30 secondes

Le château dort depuis cent ans. Le prince avance, seul. Les gardes ronflent, les dames sommeillent assises. Et au bout du couloir, une lumière.

Le prince dans le château endormi
Charles Perrault
La Belle au bois dormant — 1697
~115 mots • Domaine public

Le château endormi


Il passe une grande cour pavée de marbre, il monte l'escalier, il entre dans la salle des Gardes qui étaient rangés en haie, la carabine sur l'épaule, et ronflants de leur mieux. Il traverse plusieurs chambres pleines de Gentilshommes et de Dames, dormants tous, les uns debout, les autres assis ; il entre dans une chambre toute dorée, et il vit sur un lit, dont les rideaux étaient ouverts de tous côtés, le plus beau spectacle qu'il eût jamais vu : une Princesse qui paraissait avoir quinze ou seize ans, et dont l'éclat resplendissant avait quelque chose de lumineux et de divin.