Rabelais

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François Rabelais — Pantagruel, 1532
😄 30 secondes

Portrait d'un fripon attachant — et terriblement moderne. Rabelais le présente en quelques lignes, et on le reconnaît aussitôt.

Portrait de Panurge
François Rabelais
Pantagruel, Chapitre X — 1532
~105 mots • Domaine public

Portrait de Panurge


Panurge était de stature moyenne, ni trop grand, ni trop petit, il avait le nez un peu aquilin, fait à manche de rasoir ; et avait pour lors l'âge de trente-cinq ans ou environ, fin à dorer comme une dague de plomb, bien galant homme de sa personne, sinon qu'il était quelque peu débauché, et sujet de nature à une maladie qu'on appelait en ce temps-là : Faute d'argent, c'est douleur non pareille. Toutefois il avait soixante-trois manières d'en trouver toujours à son besoin, dont la plus honorable et plus commune était par façon de larcin furtivement fait. Au demeurant le meilleur fils du monde.

François Rabelais — Gargantua, 1534
😄 30 secondes

Avant Gargantua, il y avait son père. Un homme simple, aux goûts clairs : manger, boire, et vivre en bonne compagnie.

Portrait de Grandgousier
François Rabelais
Gargantua, Chapitre III — 1534
~100 mots • Domaine public
Texte modernisé

Portrait de Grandgousier


Grandgousier était bon vivant en son temps, aimant à boire net autant qu'homme qui fût alors au monde, et mangeait volontiers salé. À cette fin, avait ordinairement bonne munition de jambons de Mayence et de Bayonne, force langues de bœuf fumées, abondance d'andouilles en saison et bœuf salé à la moutarde, renfort de boutargues, provision de saucisses — non de Bologne, car il craignait le poison des Lombards — mais de Bigorre et de Rouergue. En son âge viril, il épousa Gargamelle, belle gouge et de bonne troigne.